soeur Eugénie Joubert, La petite sainte de chez nous (1876-1904)

Elle n’est pourtant pas née dans la région :  Mais par bien des aspects, sa vie ressemblait à celle que vivent parfois crtains enfants de notre temps…      Voilà ce qui la rend si sympa et proche, ce ptit bout de bonne soeur, dont les biographes ne parlent d’elle su’en mentionnant son caractère (fort) et sa gaieté..

Elle est née en 1876, en France, dans la petite ville d’Yssingeaux,  dans le Massif Central (Haute Loire), dans une famille de 4 enfants. Ses parents ne  s’entendent  pas : La maman, fortunée et mondaine, n’éprouve aucune  d’affection pour la petite Eugénie ;   le papa est un campagnard brutal et rustre. Quand  les parents se séparent, Eugénie vivra avec sa mère et  trouvera en sa grande sœur Marie une confidente, un modèle et, plus tard, sa supérieure en religion. De cette enfance malheureuse, Eugénie retirera une  sensibilité et une force de caractère peu communes. Très tôt, à 5 ans, elle est placée en pensionnat chez les ursulines.  Mais pour des raisons inconnues, elle est à plusieurs reprises changée de pensionnat. Aux études, elle est peu douée.  Mais partout, ses maîtresses s’accordent à parler d’elle comme d’une petite fille toujours joyeuse, toujours gaie, qui aime amuser ses campagnes…

A 19 ans, elle rentre comme postulante dans un ordre nouvellement fondé dans la région : L’ordre de la Sainte Famille du Sacré Cœur : Un ordre religieux contemplatif mais qui se donne aussi comme mission la catéchèse des classes pauvres de la société. Eugénie est envoyée à Aubervilliers, dans la banlieue parisienne. : On confie à la « petite nouvelle » des classes de 70 à 100 enfants « attardés ». Eugénie réussissait là où toutes les autres échouaient. Elle n’a pas laissé de méthode de catéchisme, mais ses sœurs   ont unanimement repéré sa méthode de catéchiste :

1°) être patiente et aimable  avec les enfants : Répéter, réexpliquer, en pensant combien Jésus a été patient avec elle ;

2°) prier avec les enfants ;

3°) mettre la Sainte Vierge avec elle ;

4°) avoir une vie intérieure intense : « je ne suis jamais seule disait-elle, je parle toujours à Jésus, à Marie et à Joseph…) »

Sans doute les sœurs d’Eugénie ne pensent-elles même pas à mentionner le  moyen des plus évident utilisé par Eugénie,  de s’attacher aux enfants , tant il était habituel chez elle :  sa joie, son  sourire :« Eugénie écrit à sa sœur : « Le bon Dieu ne défend pas de rire et de s’amuser, pourvu qu’on l’aime de tout son cœur et que l’on garde son âme bien blanche, c’est-à-dire sans péché … Le secret pour rester l’enfant du bon Dieu, c’est de rester l’enfant de la Très Sainte Vierge. Il faut beaucoup aimer la Très Sainte Vierge. et lui demander tous les jours de mourir plutôt que de commettre un seul péché mortel ».

2 juillet 904 :  La mort à Saint Gilles

Dès que les premiers symptômes de la tuberculose se font sentir, la sœur d’Eugénie, Marie, devenue sa supérieure en religion, pensa qu’il était bon de l’envoyer « prendre l’air des Ardennes » pour se soigner. C’est ainsi que Sœur  Eugénie atterrit à Saint-Gilles au couvent « de la Sainte Famille du Sacré Cœur », familièrement appelé « couvent des mères françaises » par les saint-gillois.(situé jusqu’en 1958 sur la pelouse entre la rue cour St Gilles et le bd Hillier .Eugénie y viendra à plusieurs reprises, y fera un peu de catéchisme. Elle mourut après deux longs mois d’une atroce agonie. Elle a été enterrée dans notre cimetière. Dans les années 1930, suite à un miracle reconnu et de la popularité de la jeune sœur, la tombe est devenue un lieu de prière et de pèlerinage extrêmement fréquenté : par centaines de personnes.  De jour et de nuit, les gens escaladent les murs du cimetière pour veulent toucher la tombe de la petite Eugénie. L’emplacement de la tombe est toujours marqué d’un cénotaphe, est vaguement vénéré.  mais le petit cercueil contenant ses restes a été réclamé par la maison-mère autrefois située à Dinant.

Sœur Eugénie  a été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1994. L’ordre de la Sainte-Famille du Sacré cœur n’existe plus.