Christ de Saint Gilles

NOVEMBRE 2016 : NOTRE CHRIST EST PARTI…

P1360340 (2).JPG Le 23 novembre 2016, sous l’œil ému de quelques paroissiennes, des ouvriers sont venus, ont monté un haut échafaudage, et ont décroché  le grand christ du chœur …Il tait là depuis si longtemps qu’on ne le voyait plus …

Le Christ des moines

A compter rondement, des moines ont prié devant ce grand ce Christ de bois pendant 5 siècles, (versXIIIème s.-1786) ; puis des générations de paroissiens pendant 2 bons siècles (1802-2016)… Dans ces milliers de chrétiens, peut-être vos parents,

Vos grands parents …

Mais voilà. Notre christ se faisait vieux, et sa polychromie s’abimait.

5 ans d’absence

Il nécessitait une bonne restauration. De plus, son grand âge lui conférait un certain prestige, et le trésor de la cathédrale de Liège, en la personne de son conservateur, Philippe George, souhaitait l’intégrer temporairement dans l’écrin tout neuf du trésor du dans les cloîtres de la cathédrale

Il est donc parti pour une durée de 5 ans, mais reviendra !

D’ailleurs, le Christ n’était accroché là « que » depuis l’agrandissement de l’église par l’architecte van Assche, en 1895. Au siècle précédent, il était accroché à la voûte de la tour. Et auparavant, près de l’entrée actuelle, sur le pilier NE, où, dit-on, un soldat calviniste l’lui a percé le flanc droit d’une balle de mousquet avant -dit la petite histoire- de tomber foudroyé en sortant de l’église ! (sans doute une actualisation de la légende de sainte Barbe ?) .

Le Christ des mineurs

Quoi qu’il en soit, le chœur ne pouvait rester vide. On y a donc placé le grand christ de mission de la fin du XIXème siècle, qui se trouvait dans la chapelle nord, à droite en entrant, dévolue par le père Baudouin Delvaux au culte de sueur Eugénie, mais qui était, en 1895,la chapelle du Saint Sacrement et des fonts baptismaux.

Ma foi, Ce Christ plus récent, n’a rien à envier au christ médiéval, sinon l’aura de son ancienneté :

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Une « mission au XIXème à Saint-Gilles ?!

Eh oui ! Il est courant, au 19ème siècle, que le clergé de la paroisse fasse venir un ou un ou deux prédicateur reconnus à prêcher quelques jours de suite dans la paroisse les paroissiens sont ainsi invités à un rythme d’offices soutenu, et, plus souvent, à plusieurs prédications par jour ! C’était ce qu’à Saint-Gilles, nous appelons « neuvaine » !, mais qui, à l’époque, durait de 3 à 15 jours !

On trouve, dans les archives paroissiales le récit enthousiaste du curé Sébastien Hubert Merx (1854-1885 !) le récit enthousiaste d’une mission en 865 :

« 1865 : Un jubilé a été prêché par les révérends pères Récollets Ignace et Valentin du couvent de Salzinne. Il a porté d’heureux fruits et a été bien suivi, malgré les obstacles qu’avait à surmonter la classe ouvrière si nombreuse. Dans cette paroisse, tant sous le rapport de l’éloignement que du rude travail auquel elle reste assujettie et des heures qu’elle pouvait disposer. Aussi, pour assister au sermon du soir, beaucoup de mineurs se rendaient à l’église après leur journée, , avant de retourner pour prendre leur principal repas.. A la messe de huit heures, on voyait avec bonheur ces mères apportant leurs jeunes enfants pour pouvoir aussi profiter de l’instruction.

Les confréries ont rivalisé de zèle pour l’ornementation d l’église, et pour faire célébrer les principaux offices en musique.

L’ordre le plus parfait, le recueillement, l’attention aux instructions, la piété ont édifié les révérends qui, à diverses reprises, ont témoigné leur satisfaction publiquement. (…) le grand nombre de communions et une preuve que la foi est bien vivace à Saint- Gilles, malgré le contact et le relations de cette population avec la ville.

Il y a eu trois instructions chaque jour. La 1ère à la messe de 6 heures, la seconde à huit heures, précédée de la messe. La 3ème au salut du soir qui se chantait à 7 heures. Toutes, pendant la quinzaine, ont été bien suivies. Le soir surtout, la masse d’ouvriers en blouse, bien serrés les uns contre les autres dans le plus grand recueillement, faisait notre consolation et l’admiration des Pères. . Aussi les fruits ont été abondants. Les hommes en plus grand nombre que les femmes s’approchaient de la sainte table les dimanches. Les communions ont été

hrist 19è..JPGbien nombreuses. (…) »